Une Broche Boucheron d'exception aux enchères.

Lors de la vente du 11 et 12 décembre prochain à l'Espace Tajan, le département Joaillerie aura le plaisir de proposer aux enchères une somptueuse broche lilas (1888-1889) par Frédéric Boucheron. Cette pièce d'exception, en provenance directe de la descendance de la Comtesse Anna de Grenaud, fût offerte à celle-ci, pour son mariage en 1889.

Ferdinand de Bulgarie pour la Comtesse Anna Alexandrova de Grenaud de Saint-Christophe.

Cette broche fut offerte par le Roi Ferdinand de Bulgarie à la jeune Comtesse Anna de Grenaud de Saint-Christophe le jour de son mariage en 1889 avec Dimitri Stancioff, son Premier Ministre, qui s’occupait plus particulièrement des Affaires étrangères du Royaume. Le faire-part du mariage rappelle ses titres, Gentilhomme de la Chambre et Chef du cabinet secret de S.A.R. le Prince de Bulgarie. Ces fiançailles avaient été annoncées façon « Grand Siècle », mot utilisé par la Comtesse elle-même dans ses souvenirs, lors d’un diner au Palais Royal, où elle était la demoiselle d’honneur de la Princesse Clémentine, mère de Ferdinand.

La comtesse reçu ce magnifique cadeau en gage de profonde amitié et le sujet, choisi pour lui faire souvenir des lilas de sa jeunesse au Château de Chitry en Haute-Savoie où elle a grandi. C’est par les mémoires du Secrétaire du Roi Ferdinand, Monsieur de Bourboulon, que l’on a « en direct » les commentaires élogieux concernant la broche lilas réalisée par Frédéric BOUCHERON. Le Prince Ferdinand de Bulgarie commanda juste un peu plus tard la totalité de la corbeille de mariage de sa future épouse Marie-Louise de Bourbon-Parme. On peut citer le montant faramineux de 53 000 francs or de l’époque pour la commande seule de la célèbre couronne royale. De par sa passion des bijoux et des pierres précieuses, le Prince Ferdinand et Frédéric Boucheron avaient développé une réelle amitié.

C’est un privilège de pouvoir ainsi révéler librement les détails d’une belle histoire d’une famille aristocratique française. Ce fut rendu possible grâce à tous ces souvenirs et documents conservés avec un soin extrême par toute la descendance de la belle Comtesse Anna. Ce bijou est resté jusqu’à ce jour par descendance directe dans la famille.

Dimitri Stancioff et Le Roi Ferdinand de Bulgarie

« Enfin j’ai déballé et exhibé le fameux lilas de diamants destiné à Melle de Grenaud qui a adopté cette fleur ; il en a été ébloui (le Prince Ferdinand ndlr) , le palpant longuement, le faisant miroiter en connaisseur et en artiste. Je lui ai expliqué que Boucheron, mettant tout son art dans l’exécution de cette commande, avait copié une branche de lilas naturelle, sertissant l’une après l’autre, chaque petite corolle de diamants pour en composer une fleur totale. »

Comte Robert de Bourboulon « Souvenirs de Bulgarie »