Début Février, le département Art d'Orient organise, à l'Espace Tajan, une vente hommage à Moses Levy, peintre et graveur, membre fondateur de l’école de Tunis. La vente, prévue le jeudi 8 février 2018, sera précédée de plusieurs jours d'exposition, dédiée à l'artiste.

Moses Levy, peintre et graveur italo-britannique, est né à Tunis en 1885. Élevé dans un milieu mêlant les cultures occidentale, arabe et israélite, il est considéré comme un des pionniers du genre en Tunisie et l'un des précurseurs du courant de l'École de Tunis. Moses Levy arrive en Italie avec sa famille en 1895. Dès lors, il déménage régulièrement à travers le pays, pour finalement s’installer à Rigoli, où il peint son premier tableau « Il Pilone » en 1903. Inscrit à l’Académie des beaux-arts à Florence, où il suit les cours d'enseignants comme Lorenzo Fattori, il se consacre à la gravure et à la peinture. En 1907, il expose La récolte des olives à la VII Biennale de Venise, qui lui vaut une naissante notoriété.  
À la mort de son père en 1908, il rentre à Tunis avec sa mère, mais retourne régulièrement à Rigoli, où il rencontre les personnages culturels influents de l’époque, comme l’écrivain Enrico Pea, le poète Giuseppe Ungaretti et son ami, le peintre Lorenzo Viani. Cet environnement l’incite à s’inscrire à « L’école libère du nus » à Florence et à rejoindre Viareggio en 1917, où il ouvre un petit studio et y peint de nombreux paysages, dont la plage de Viareggio, un des thèmes phares de l’artiste.
C’est en 1928 qu’il décide de rejoindre ses amis Kisling et Chagall à Paris, s’installant à Montparnasse, à proximité de La Ruche. De cette date, il ne cessera plus de voyager entre Tunis, Viareggio et Paris. Mais c’est à Tunis qu’il organisera finalement sa première exposition personnelle, à la Galerie Canto-Durrieu. Il se lie d’amitié avec Pierre Boucherle, Jules Lellouche et Antonio Corpora, qui deviendront ses partenaires en 1949, lors de la création de « l’École de Tunis », référence de la peinture en Afrique du Nord.
Les années suivantes, il continue à voyager entre les deux rives de la mer Méditerranée, intensifiant sa production artistique. En 1963 il présente des œuvres à New York dans l’exposition The Parker Exhibition of Contemporary Italian Painting.  Il meurt le 2 Avril 1968 dans sa maison à Viareggio, en Italie.

Moses Levy joue beaucoup dans son oeuvre de la couleur, le bleu du ciel et de la mer d'abord, ainsi que les couleurs chaudes des murs abritant les intérieurs que l'on devine frais, les costumes colorés des sujets africains, les plages (Viareggio notamment), ou les silhouettes élégantes de femmes et enfants. Cette peinture « bruyante et parfumée » se retrouve encore dans ces tableaux de foires ou de marchés. Levy sait fixer le mouvement sans le figer, dépeindre les odeurs en les suggérant, témoigner sans voyeurisme mais avec une grande intimité de la mixité de plusieurs populations qui cohabitent, de la beauté et de la dignité des femmes. Il privilégie donc le mouvement aux natures mortes, peu nombreuses dans sa production : « Moses Levy a revêtu cet héritage millénaire du manteau italien du dandysme lyrique, l'assumant ainsi avec une élégance mélancolique rare et une mystérieuse grandeur [...] Scrutant le monde, grand dessinateur et graveur hors pair, il savait marier sur sa palette, sans joliesse et même avec une certaine âpreté rigoureuse, des tons rompus qui n'appartenaient qu'à lui. »