Le 4 octobre 2018, dans le cadre de sa première vente d’arts d’Asie de la saison, Tajan mettra un coup de projecteur sur le peintre franco-chinois T’ang Haywen (1927-1991) en proposant une trentaine de ses œuvres.

Né en Chine dans une famille de commerçants prospères, T'ang est d’abord élève au Lycée Français de Saigon puis s’installe à Paris pour y suivre des études de Civilisation française et de Lettres et Langues Orientales. Il préfère cependant la compagnie des chefs-d’œuvre, qu’il admire dans les musées, et se prend de passion pour la peinture occidentale tout en s’essayant brièvement au métier de comédien. Il peint en 1964 un Hommage à Cézanne et s’adonne à la peinture figurative. Ce n’est que plus tard qu’il couche sur le papier les « encres dynamiques et harmonieuses qui démontrent l’esprit de la Chine » (Balthus, 1996) et pour lesquelles il est aujourd’hui le plus apprécié. Sa réputation croît au fil des ans, il parcourt inlassablement le monde et les expositions qui lui consacrées se succèdent comme à l’Ashmolean Museum d’Oxford en 1975, au Musée Guimet en 2002 ou au Centre culturel Saint-Louis de France de Rome en 2006 pour ne citer que les plus célèbres.

En 1988, T’ang fait la connaissance de Leszek Kanczugowski, alors directeur à Paris du Foyer Jean-Paul II. L’amitié indéfectible qui les unit conduira T’ang à séjourner en Pologne l’été 1990 et prendra seulement fin à la mort du peintre en 1991 : « J’ai rencontré François T’ang pour la première fois dans le salon artistique de Sylvie Goldschmidt et, dès ce premier contact, est née une relation exceptionnelle, à l’image de ce grand artiste. Personnage lumineux comme pouvait l’être sa peinture, il avait une vision du monde étonnante mêlant une grande connaissance à une profonde simplicité, tout comme son âme chinoise à une riche culture occidentale. » (L. Kanczugowski, 2006).

Les œuvres que nous soumettrons au feu des enchères le 4 octobre 2018 ont été peintes au cours de ce dernier voyage, « l’ultimo viaggio » qui donne d’ailleurs son titre à l’exposition romaine de 2006. Elles appartiennent toutes à la période de pleine maturité artistique de T’ang. « Ni figurative ni abstraite », comme il se plaisait à la décrire, sa peinture incite de plus en plus fréquemment les commissaires d’exposition et les critiques à lui rendre la place qu’il mérite en rapprochant ses encres de celles de Zhang Daqian (1899-1983) et de Zao Wou-ki (1920-2013). Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’une exposition, intitulée « Maîtres de l’Encre », réunisse les trois maîtres en 1999-2000 au musée Tavet-Delacourt de Pontoise.  

Notre exposition, qui se tiendra à l’Espace Tajan du lundi 1er au jeudi 3 octobre, sera accompagnée d’une table ronde, le 2 octobre 2018, qui réunira Aude de Kerros, graveur, peintre et essayiste ; Emmanuel Lincot, professeur à la Faculté des lettres de l’Institut Catholique de Paris ; Yingjian Liu, secrétaire général de l’Académie franco-chinoise d’art et de Culture et formateur à l’EAC, et Leszek Kanczugowski, historien de l’art, commissaire d’exposition et animateur de la vie artistique et culturelle française. Cette table ronde se conclura en musique par le concert d’un ensemble de luths chinois « pipas » qui sera placé sous la direction de Wang Weiping, diplômée du Conservatoire de Xi’an et Docteur en musicologie de l’Université Paris-Sorbonne.  

En savoir plushttp://tanghaywen1990poland.com/fr/

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700 ans d'itinéraires croisés d'artistes et d'intellectuels polonais et français. Échanges et dialogues entre deux villes au coeur de l'Europe. Éditions de L'Université Catholique de Lublin Jean Paul II. Sous la direction de Leszek Kańczugowski.