Atelier

COMMUNIQUE DE PRESSE

[Mercredi 10 fèvrier 2010]

Vente Archéologie-Arts Premiers
Arts Aborigènes


Mercredi 17 mars à 14h à l'Hôtel Drouot

Notre prochaine vente Civilisations dispersera plus de 270 lots dans trois spécialités
distinctes. Voici une présentation des lots phares :

ARCHÉOLOGIE


GOURDE DU NOUVEL AN
ornée sur une face d'un combat
de taureaux dans un décor de
lotus et sur la seconde face de
trois babouins dans un décor
d'arbres. Faïence verte.
Egypte, XXVIIe Dynastie.
Diam. 12,5 cm.
Estimation : 3 000/4 000 €

Les  gourdes lenticulaires en faïence dites « du nouvel an » doivent en partie leur nom  aux  inscriptions votives  figurant généralement sur leurs flancs et étaient en principe remplies de l’eau de la première crue du Nil.  Des exemplaires datant principalement de la XXVIème dynastie, sont conservés dans différentes collections.  Le décor en relief reprend traditionnellement des thématiques liées à la renaissance divine et à la prospérité.
Ces thèmes sont souvent associés à une dédicace, à l’occasion du nouvel an, qui en Egypte survient lorsque la crue commence à couvrir la terre assurant ainsi l’équilibre nécessaire à la vie. Parmi les pièces les plus raffinées, celle du Metropolitan Museum de New York, représente la vache Hator dans les fourrés, sujet  typiquement égyptien.
L’exemplaire que nous présentons, outre sa qualité exceptionnelle, est un unicum du genre :
Si le thème des singes est bien égyptien, celui du combat de taureaux en revanche, est étranger à la mythologie et manifeste une nette influence perse impliquant par conséquent une datation plus tardive, correspondant à la première domination perse survenue à la XXVIIème dynastie (VIème-Vème siècle av. J.C.).
Cette datation est confirmée par l’aspect identique de la faïence rencontrée dans la plupart des œuvres de cette période tardive.
La composition extrêmement élégante de ces deux bovidés s’affrontant en une sorte de chorégraphie, n’est déjà plus égyptienne, mais rejoint l’esthétique perse, tout en l’intégrant dans une décoration secondaire égyptisante composée de frises de languettes et de zigzags.
Cette œuvre provient de la collection M , ensemble cohérent à très forte majorité d’objets du Luristan. Ce détail semble également vouloir confirmer cette datation, plaçant cette pièce dans le riche contexte des échanges entre la Perse et l’Egypte.



STATUETTE D'IBIS
Marchant en bronze à patine verte.
Egypte, XXVIe ‐ XXXe Dynasties. (VIIe ‐IVe siècle av. J.C).
Haut. 14 cm.
Estimation : 15 000/18 000 €


ARTS PREMIERS



Masque épaule MUMUYE, NIGERIA
en bois érodé à très belle et très ancienne patine
noire Coiffe en forme de crête. Visage
superbement sculpté et scarifié tout comme
le crâne. Un long cou se détache du torse où
sont figurées deux rangées de trois seins
ainsi qu'un nombril saillant. Haut. 94 cm
Estimation : 10 000/12 000 €


Statue MUMUYE, NIGERIA
en bois à coiffure crantée
Scarifications sur le visage et le haut du
torse Haut. 77 cm. Soclée.
Estimation : 8 000/10 000 €

« …posant sur nous leurs regards étonnés, elles paraissent ne pas se prendre au sérieux. » C’est en ces termes, que parlant des statues Mumuyé, j’achevais ma brève contribution au livre écrit par François Neyt. Je venais de dresser l’éloge de la diversité particulièrement sensible dans les arts de cette région du nord-est du Nigéria. Pour l’ethnie Mumuyé, cette diversité résulte certainement en partie de l’existence de sept unités distinctes et de l’extrême multiplicité des dialectes parlés par ce peuple. On pourrait certainement évoquer aussi la perméabilité avec les ethnies voisines (Chamba, Mambila, Montol, Wurkum, Waja,…). Toutefois ces circonstances ne permettent pas, paradoxalement, de mettre à mal la profonde homogénéité ethnique de cette culture. Cette situation particulière, autour de la vallée de la Bénoué, a eu, à n’en pas douter, une influence sur la création artistique de la région. Dès 1975, quelques années après les premières collectes significatives (Huguenin, Klejman, …), Jacques Kerchache le soulignait : «… l’absence d’archétypes rigides, la liberté d’invention au sein d’une même ethnie révèlent des artistes à l’esprit de synthèse chez qui la liberté d’inspiration vient rehausser miraculeusement le fait esthétique,… »
Cette situation n’est pas sans danger pour le collectionneur qui risque d’être entraîné dans une quête inextinguible. Ainsi les œuvres hiératiques cohabitent avec des œuvres souples et dansantes qui semblent s’étonner aux travers de leurs regards naïfs et moqueurs de notre fascination. L’humour n’est pas étranger à nombre des productions de ces artistes dont la modernité à nos yeux se situerait peut-être dans cette capacité à se positionner à distance de leurs créations. Trente cinq ans de collection d’art moderne, d’objets du Népal et d’art africain m’autorise à vous mettre en garde s’il en est encore temps : ne tombez pas sous le charme de la statuaire Mumuyé !


ARTS ABORIGÈNES



Emily Kame Kngwarreye
Yam Dreaming, 1995
Acrylique sur toile
Estimation: 10 000/12 000 €


Alkawari Dawson
Sans titre
Acrylique sur lin
170 x 180 cm
Estimation : 20 000/25 000 €


Wentja Napaltjatti
Sans titre
Acrylique sur lin
185 x 130 cm
Estimation : 20 000/25 000 €

Nous le savons, l’art aborigène arrive à un tournant. Les anciens, les créateurs de ce mouvement, des initiés aux connaissances immenses, ayant parcouru le bush sans contact avec la civilisation occidentale durant leur jeunesse, nous quittent peu à peu. Cette vente mettra en scène quelques unes des figures historiques de ce mouvement. Paradoxalement, alors que leurs corps semblent les abandonner, dès qu’ils se  mettent à peindre, ces anciens sont comme habités, ils retrouvent un élan et une énergie dont leurs œuvres sont l’incarnation.

Ce voyage à travers l’art aborigène sera au final très complet. Des écorces de Terre d’Arnhem, quelques objets dont une ceinture en fibres, plumes et pigments naturels de Bob Burruwal (identique à celle acquise par le Musée des Confluences), un très beau plateau en écorce du Nord du Kimberley décoré des Esprits Wandjinas, peinture de toutes les zones du désert et bien entendu les grands noms : Emily Kame Kngwarreye, Clifford Possum Tjapaltjarri, Rover Thomas, Eubena Nampitjin, Abie Jangala, Billy Stockman, Uta Uta Tjangala. Mais aussi à côté de ces derniers quelques artistes moins connus du grand public mais dont la maturité artistique étonne.

Expositions:

Le mardi 16 mars de 11h à 18h et le mercredi 17 mars de 11h à 12h à l'Hôtel Drouot.


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CONTACTS :

Matthias Jakobowicz
Commissaire priseur habilit�
+33 1 53 30 30 83

Romain Monteaux Sarmiento
Relations presse, photographies
+33 (0)1 53 30 30 68