Adam MICKIEWICZ (1798-1855)
Panthéon Nadar 75
Dessin au fusain et à l'estompe, rehaussé de gouache, signé de l'initiale en bas à droite.
23,5 x 15,5 cm
(BN Na 88 Boîte 24)
Né à Zaosie près de Nowogrodek en Lituanie.
Mort à Constantinople.
Poète polonais.
Fils d'avocat il fait ses premières études chez les dominicains à Nowogrodek.
Entré à l'université de Wilno en 1815, il suit d'abord des cours de sciences, mais il y renonce bientôt pour obéir à son penchant naturel et se consacrer entièrement à l'étude des ouvrages de l'esprit ; sans négliger la littérature moderne, il s'efforce surtout pendant ses quatre années universitaires de bien connaître et assimiler les auteurs de l'antiquité classique...
Napoléon 1er était entrain de bouleverser toute l'Europe ; les Polonais qui avaient en lui une foi aveugle et ne lui ménageaient ni leur sang ni leur argent comptaient bien que ce bouleversement serait pour eux le gage d'une prochaine renaissance...
En 1819, il publie deux contes lithuaniens Zyvilla et Karylla.
Il est nommé en juillet 1819, professeur d'histoire, de littérature et de droit à l'école secondaire de Kovno...Il y écrit deux ballades Switez et Switezianka...
Il se met à étudier les poètes allemands et anglais et publie en 1822 son premier recueil de poésies puis un deuxième volume en 1823... La politique de la Sainte Alliance le conduit en prison. Exilé ensuite à Saint-Pétersbourg, il fait la connaissance de Pouchkine dont il partage les pensées et les aspirations...
En 1829 il quitte la Russie, parcourt l'Europe et arrive à Paris en 1832 et met la dernière main à Monsieur Thadée : c'est la représentation saisissante de vérité de la vie d'un peuple tout entier à un moment de son histoire.
Marié en 1834, pour vivre en 1839, il accepte la chaire de littérature latine à l'université de Lausanne puis revient à Paris occuper la chaire de langues et littératures slaves que Victor Cousin vient de créer au Collège de France.
Il est unanimement reconnu comme professeur et grand poète.
Mais de sa chaire, il se met à faire dévier ses cours de littérature vers un enseignement de théories socialistes et humanitaires accompagnées de critiques acerbes des gouvernements et d'un culte étrange de Napoléon 1er.
Ému le gouvernement obtient de lui qu'il demande un congé (1844).
Il veut alors agir pour sa patrie en danger, la Pologne, les armes à la main.
Il part pour Rome où il crée le noyau d'une légion polonaise qui lutte vaillamment en Lombardie contre les Autrichiens. En 1848, la République refuse à Mickiewicz sa naturalisation ; l'Empire supprime sa chaire au Collège de France avec celle de Michelet et Quinet (voir no221). Pourvu en 1852 d'un poste de bibliothécaire à la bibliothèque de l'Arsenal, il est chargé pendant la guerre de Crimée d'une mission à Constantinople. Il se consacre tout entier aux légions polonaises qu'il veut développer, lorsque le choléra vient le surprendre et le terrasser le 26 Novembre 1855. Son corps est ramené à Paris et enterré à Montmorency au milieu de beaucoup d'autres compatriotes illustres jusqu'en 1890. Cette année-là, il est transporté triomphalement à Cracovie et déposé dans les caveaux de Wawel, à côté des principaux héros et rois de Pologne. Ernest Renan a prononcé pendant la cérémonie de transfert de ses cendres, un de ces plus beaux discours. Il eut des funérailles à Cracovie pareilles à une apothéose.
Sources : in : La Grande Encyclopédie.
Une statue de Mickiewicz est Cours de la Reine à Paris.
Estimation : € 2,500-3,000

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