BÉRANGER (Pierre-Jean de). Chansons morales et autres. Paris, A. Eymery, 1816 ; pet. in-12, maroquin carmin, fleurons dorés aux angles, dos à nerfs orné des mêmes fleurons dorés plus petits, doublure de maroquin bleu roi avec encadrements de filets plein et pointillés et de grecques dorés, lyres aux angles et au centre, tranches dorées, étui, [Chambolle-Duru].
xvi, 232 p.
Très rare édition originale, ORNEE D’UN FRONTISPICE GRAVE (D’APRES HORACE VERNET, SELON UNE NOTE MANUSCRITE), D’UN TITRE GRAVE AVEC VIGNETTE ET DE PARTITIONS IMPRIMEES.
Publié au moment des Cent-Jours, ce recueil acheva de faire de Pierre-Jean de Béranger (1780- 1857) le chansonnier de l’opposition, selon ses propres termes.
La popularité du poète-chansonnier était alors telle que ses chansons circulaient sous forme manuscrite, parfois sous le manteau, avant d’être publiées. Chateaubriand, Goethe, Hugo, Lamartine, Dumas et surtout Stendhal comptent au nombre de ses admirateurs. Traduit en russe et en chinois, Béranger est, avec Hugo, le seul poète à avoir bénéficié de funérailles nationales. Il est considéré comme celui qui, le premier, a conduit la poésie au coeur de la politique.
C’est en tant que Convive du Caveau Moderne - rejoint en novembre 1813 - qu’il publie chez Eymery, l’éditeur habituel du Caveau, son premier recueil de chansons sous son seul nom. Certaines de ces chansons avaient déjà paru en 1813, 1814 et 1815 dans diverses publications. Selon le Mercure français, ce recueil « tout à la fois facile, élégant et correct, juste et malin » lui assura « une réputation brillante et méritée ».
Le recueil s’ouvre sur le Roi d’Yvetot qui fit de son auteur une figure de l’opposition au régime impérial. Quant au Mort vivant, la censure impériale avait retranché son quatrième couplet sur la campagne de Russie. Les airs de musique sont le plus souvent empruntés au répertoire du Caveau ou aux vaudevilles du temps ainsi qu’à un répertoire manuscrit qu’il tenait.
Charmant exemplaire à bonnes marges et non rogné. Il a été soigneusement relié par l’atelier de René Chambolle et Hippolyte Duru vers 1860. Le titre et la date ne sont pas rognés, comme le signale Carteret pour la plupart des exemplaires.
Restauration très habile au mors supérieur.
Carteret, I, p. 135. Mercure de France, février 1816, t. 65, p. 506.


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25 janvier 2018 14:30 CET
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