ARNOULD DE VUEZ (Saint-Omer 1644-Lille 1720)
La mort d’Agrippine
Toile
Sans cadre
Un cartel en bronze au verso : Arnould de Vuez
Restaurations anciennes
The death of Agrippina, canvas, without frame, a bronze label on the back: Arnould de Vuez, old restorations
122 x 80 cm - 48 x 31,5 in.

  • Notes: C’est Suétone, puis Tacite qui nous ont livré les circonstances de la mort d’Agrippine, en mars 59 apr. J-C. Après plusieurs tentatives manquées, Néron ordonne l’assassinat de sa mère qui complotait contre lui avec l’armée et tentait de prendre le pouvoir. Oscillant entre un amour incestueux et la quête de puissance, le fils finit donc par la faire assassiner par des soldats, dans la villa de Baïes dans le golfe de Naples, et dissimule ce matricide par une rumeur : Agrippine se serait donné la mort après avoir attenté à la vie de l’empereur. Les sources divergent légèrement ensuite, cependant, tous s’accordent à dire que Néron serait venu admirer le corps inanimé, avant sa crémation, pour en louer la beauté.
    Notre tableau semble d’ailleurs illustrer les mots de Suétone (Annales, XIV, 9) : «il l’aurait touché, aurait loué ou blâmé telles ou telles parties de son corps et, dans cet intervalle, aurait demandé à boire». Néron mime son discours grâce au principe rhétorique de l’action. De la main droite, il désigne le cadavre d’Agrippine, de la main gauche, il explique son éloge. Autour de lui, les femmes pleurent, crient et s’arrachent les cheveux. Cette iconographie, dérivée de celle sur la mort de Cléopâtre, s’est développée dans la seconde moitié du XVIIe siècle à Venise. On citera comme exemples Pietro Negri (Gemäldegalerie, Dresde ; Musée Calvet, Avignon), Antonio Molinari (Gemäldegalerie Alte Meister, Kassel) et un peu plus tard, Giovanni Battista Pittoni (Gemäldegalerie, Dresde).
    Avec sa composition en frise et la draperie au second plan d’où émerge l’architecture antique, Vuez s’inscrit ici directement dans l’héritage poussinesque, inspiré par «La mort de Germanicus» (Minneapolis Institute of Art). Le motif du casque romain avec le dragon doré reprend un détail du «Jugement de Salomon» (musée du Louvre). Il est presque impossible devant cette toile savante, peinte pour un amateur cultivé, de ne pas songer à un rapprochement avec la tragédie Britannicus de Racine (1669). Si elle n’évoque pas directement la mort de l’impératrice, la pièce partage avec notre tableau le même vocabulaire dramaturgique.
    Nous remercions Madame Barbara Brejon de Lavergnée et Monsieur François Marandet d’avoir confirmé l’attribution de ce tableau à Arnould de Vuez.

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22 juin 2021 18:00 CEST
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