Commode en marqueterie boulle polychrome ATTRIBUÉE À NICOLAS SAGEOT (1666-1731), époque Louis XIV,
Elle présente de larges montants arrondis, des côtés droits, des montants arrières à ressaut et des tabliers chantournés en façade et sur les côtés. Elle ouvre par cinq tiroirs répartis sur quatre rangs à traverses et est couverte d'un marbre bombé en griotte rouge des Pyrénées à bec-de-corbin. Marqueterie en contrepartie d'écaille de tortue brune et de corne teintée polychrome sur fond de laiton à décor de volutes et rinceaux feuillagés, de vases Médicis fleuris disposés symétriquement sur les tiroirs. Les arrondis sont ornés de volatiles ailés, de masques et de grotesques tirés des planches gravées par Jean Bérain père (1640-1711). Les côtés présentent des cartels fleuris de rinceaux d'acanthes, de feuilles et de fleurs. Belle ornementation de bronzes ciselés et dorés: les tiroirs, les montants et les côtés sont ceints d'une moulure plate à motifs losangés, les poignées tombantes à motifs torses sont tenues par des lambrequins à cornes d'abondance fleuries, les entrées de serrures sont ornées de masque de Pomone. Le tablier de façade présente un masque d’Apollon. Les montants arrondis sont ornés de chutes à masques d'Asclépios ailés. Les pieds sont en façade à double volutes en forme de C opposé à décor de feuilles d'acanthe de chaque côté d'une large palmette et à l'arrière habillés d'une acanthe en volute.
Paris tout début du XVIIIesiècle
A Louis XIV brass, scale and tinted horn marquetry chest of drawers, attributed to Nicolas Sageot.
HAUT. 83cm - LARG. 121cm - PROF. 63cm • 32 5/8 X 47 5/8 X 24 3/4 IN.

€ 60,000-80,000

Cette commode, non estampillée, peut être attribuée à Nicolas Sageot, ébéniste dont l’atelier, installé dans la Grande-Rue du Faubourg Saint-Antoine, fut particulièrement actif sur le marché du mobilier parisien durant les dernières années du règne de Louis XIV. Cette attribution a pu être établie par comparaison avec différentes commodes de type et de facture similaires passées en ventes aux enchères ou conservées dans des collections publiques. Citons notamment Artcurial, vente du 16mai 2017, lot 145 (même type de décor de marqueterie sur les tiroirs); Christie's Londres 16décembre 1999, lot 50 (même type de marqueterie sur les tiroirs, 4 rangs de tiroirs, mêmes poignées, supports poignées, chutes sur le haut de l'arrondi, sabots, présence d'un tablier identique), ou encore plus proche de notre commode celle provenant de la collection Keck, présentée chez Sotheby’s à New York, le 5 Decembre 1991, lot 245.
Reconnu maître ébéniste en 1706, il est déjà très apprécié des amateurs d’art de l’époque. Sa riche production, qui concerne aussi bien des commodes que des bureaux ou des armoires, se caractérise par des marqueteries de métal d’une grande élégance. À cette époque, le goût de la cour de Louis XIV n’est plus déterminé par Charles Le Brun, le grand ordonnateur de sa gloire passée, qui est mort en 1690. Celui, qui lui a succédé et a imposé ses choix, est l’ornemaniste Jean Bérain, "dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi " depuis 1674. Jean Bérain délaisse la solennité et les feuilles d'acanthe omniprésentes, pour les lignes sinueuses, les galbes, les courbes et les jeux d’entrelacs gracieux. Ils sont le reflet d’un art de vivre qui s’amorce à l’aube du XVIIIe siècle.
Peu d'œuvres de Sageot sont estampillées mais elles peuvent lui être attribuées par comparaison avec celles qui le sont. Plusieurs pièces de ce grand ébéniste sont conservées dans les collections publiques à l'image de la grande armoire ornée d'une somptueuse marqueterie de laiton, datée de 1610, conservée au musée des arts décoratifs à Paris ou de la commode à quatre rangs de tiroirs, conservée à la Wallace Collection à Londres.
Provenance
Château de Charente-Maritime, M. Dupuy.
Bibliographie
Pierre Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Les

  • Notes: Cette commode, non estampillée, peut être attribuée à Nicolas Sageot, ébéniste dont l’atelier, installé dans la Grande-Rue du Faubourg Saint-Antoine, fut particulièrement actif sur le marché du mobilier parisien durant les dernières années du règne de Louis XIV. Cette attribution a pu être établie par comparaison avec différentes commodes de type et de facture similaires passées en ventes aux enchères ou conservées dans des collections publiques. Citons notamment Artcurial, vente du 16mai 2017, lot 145 (même type de décor de marqueterie sur les tiroirs); Christie's Londres 16décembre 1999, lot 50 (même type de marqueterie sur les tiroirs, 4 rangs de tiroirs, mêmes poignées, supports poignées, chutes sur le haut de l'arrondi, sabots, présence d'un tablier identique), ou encore plus proche de notre commode celle provenant de la collection Keck, présentée chez Sotheby’s à New York, le 5 Decembre 1991, lot 245.
    Reconnu maître ébéniste en 1706, il est déjà très apprécié des amateurs d’art de l’époque. Sa riche production, qui concerne aussi bien des commodes que des bureaux ou des armoires, se caractérise par des marqueteries de métal d’une grande élégance. À cette époque, le goût de la cour de Louis XIV n’est plus déterminé par Charles Le Brun, le grand ordonnateur de sa gloire passée, qui est mort en 1690. Celui, qui lui a succédé et a imposé ses choix, est l’ornemaniste Jean Bérain, "dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi " depuis 1674. Jean Bérain délaisse la solennité et les feuilles d'acanthe omniprésentes, pour les lignes sinueuses, les galbes, les courbes et les jeux d’entrelacs gracieux. Ils sont le reflet d’un art de vivre qui s’amorce à l’aube du XVIIIe siècle.
    Peu d'œuvres de Sageot sont estampillées mais elles peuvent lui être attribuées par comparaison avec celles qui le sont. Plusieurs pièces de ce grand ébéniste sont conservées dans les collections publiques à l'image de la grande armoire ornée d'une somptueuse marqueterie de laiton, datée de 1610, conservée au musée des arts décoratifs à Paris ou de la commode à quatre rangs de tiroirs, conservée à la Wallace Collection à Londres.
    Provenance
    Château de Charente-Maritime, M. Dupuy.
    Bibliographie
    Pierre Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Les Éditions de l'Amateur, 2002
    Jean Nérée Ronfort, André-Charles Boulle (1642-1732), un nouveau style pour l'Europe, Somogy Éditions d'Art, Paris, 2009
    L'Estampille - L'Objet d'Art n° 266, Pierre Grand, Février 1993

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19 avril 2018 16:00 CEST
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