Hans Seiler (1907-1986) – L’espace en lumière
Vente en ligne sur Drouot.com
du 19 mai au 3 juin 2026

Hans Seiler (1907-1986)
La rue Cénac, 1978
Gouache sur papier, signée en bas à droite
31 x 50 cm
La Maison Tajan est heureuse de présenter une vente en ligne consacrée à l’atelier du peintre Hans Seiler, qui se tiendra sur Drouot.com du 19 mai au 3 juin 2026. Réunissant 55 lots couvrant six décennies de création, cet ensemble offre une plongée rare et exceptionnellement complète dans l’univers d’un artiste encore confidentiel, dont l’œuvre mérite aujourd’hui une attention pleinement renouvelée.
Un parcours au cœur de la seconde École de Paris
Né à Neuchâtel en 1907, Hans Seiler quitte Berne à dix-sept ans pour suivre les cours de l’École des beaux-arts de Lyon, avant d’entrer en 1927 à l’Académie Ranson à Paris, où il devient l’élève de Roger Bissière, figure tutélaire dont l’influence sera déterminante sur toute une génération. C’est dans ce milieu stimulant qu’il noue des liens durables avec Marcel Gromaire, Jean Bazaine, Jean Le Moal, Alfred Manessier ou encore Elvire Jan — autant d’artistes qui forment le noyau de la seconde École de Paris. Dès la fin des années 1920, il expose au Salon de l’Art Français Indépendant, puis au Salon des Indépendants, au Salon d’Automne et au Salon des Réalités Nouvelles, ainsi qu’à la FIAC. Il poursuit une carrière discrète mais constante, jalonnée d’expositions en France — notamment à la galerie Jeanne Bucher, boulevard du Montparnasse, en 1948, puis à la galerie Roque — et à l’étranger.
Installé à Chennevières-sur-Marne, où il établit son atelier, Seiler construit une œuvre profondément personnelle, nourrie de longs séjours dans sa maison de la Roque-Gageac en Dordogne, de voyages répétés en Bretagne et en Normandie, et d’escapades plus lointaines en Hollande et en Espagne.
L’espace recomposé : une peinture de la mémoire et de la lumière
Toute la singularité de Hans Seiler tient dans la distance qu’il maintient avec le motif direct. Ses paysages ne sont pas des transcriptions fidèles du réel : lors de ses promenades, il accumule notes et croquis, qu’il transforme ensuite en atelier en compositions rigoureuses, où chaque forme est déplacée, simplifiée, réorganisée. Comme il le confiait lui-même en 1986 : « Ma préférence va aux petites indications, très peu appuyées, qui suggèrent plutôt le paysage et laissent ensuite beaucoup plus de liberté. »
C’est cette liberté conquise que l’historienne de l’art Lydia Harambourg, auteur de l’ouvrage de référence Hans Seiler et la lumière – 1907–1986, a su mettre en lumière : pour elle, Seiler incarne une voie propre, fidèle à la figuration tout en intégrant les apports du cubisme et de l’abstraction, où la couleur n’est jamais une fin en soi mais, selon les mots mêmes de l’artiste, « un moyen d’expression qui doit suggérer une sensation de nature ». Entre valeurs classiques et réflexions d’avant-garde, son œuvre s’impose comme l’une des trajectoires les plus cohérentes et les plus attachantes de la peinture française du XXe siècle.
Un panorama complet : de l’atelier aux horizons lointains
La vente offre un parcours chronologique et thématique remarquablement cohérent à travers toute l’œuvre de Seiler. Les années de formation sont représentées par des œuvres de 1933–1934 — Deux Nus, Femme devant la fenêtre (gris et rose), Le Fumeur à la pipe — qui témoignent des premières recherches de l’artiste, encore marquées par les influences croisées du cubisme et de l’enseignement de Bissière. Dès 1934, Port en Bretagne annonce l’attachement durable de Seiler au littoral armoricain, qui se prolongera jusqu’à ses dernières années avec des œuvres consacrées à Tréboul, Douarnenez ou Belle-Île.
Les scènes d’intérieur constituent l’un des sommets de l’ensemble. La Fenêtre (1947, huile sur carton), L’Intérieur jaune (1975, huile sur toile, 54 x 81 cm) et Le Petit Atelier (1977, huile sur toile, 54 x 81 cm) illustrent cette capacité unique de Seiler à structurer l’espace domestique par un jeu subtil de verticales, de couleurs vibrantes et de lumières multiples. Le Bouquet (1984, huile sur toile, 60,5 x 50 cm) et Fleurs sur la table (1975) témoignent quant à eux de sa maîtrise des natures mortes intimes, où l’intérieur s’ouvre toujours sur un au-delà lumineux.
La Dordogne, terre d’adoption chérie, est présente tout au long de la vente : des Châteaux sur la Dordogne (1950) et Marqueyssac (1955) aux grandes compositions panoramiques de la maturité — La Roque (1958), Vue sur la Roque (rose) (1972), Le Port de la Roque (1977), jusqu’au monumental Paysage de Dordogne — Les Deux Châteaux (1985, huile sur toile, 50 x 100 cm). La belle toile Battage (1948, 38 x 54,5 cm) rappelle que Seiler était aussi attentif à la vie rurale qui l’entourait qu’aux grands paysages.
Des œuvres rares : l’Espagne et les Pays-Bas
Parmi les ensembles les plus précieux de cette vente figurent les œuvres consacrées aux voyages à l’étranger, exceptionnellement rares sur le marché. Les Pays-Bas, découverts en 1951 à la suite d’une rencontre fortuite à Belle-Île, offrent à Seiler des paysages de plaines immenses et de grands ciels changeants qui nourrissent profondément ses recherches. La vente en présente un ensemble particulièrement riche : Amsterdam (1957, huile sur toile, 46 x 55 cm), composition géométrique urbaine d’une grande sophistication où canaux et façades se fragmentent en aplats colorés ; Den Waag (1957, huile sur toile, 33 x 41 cm), vue d’une place hollandaise aux architectures gothiques recomposées ; Grand Canal en Hollande (1957, gouache, 32 x 50 cm) et Les Deux Moulins et les Deux Ponts (1957, gouache panoramique, 24 x 57 cm), qui témoignent de l’intensité créatrice de ces séjours. À ces œuvres s’ajoute une rare Cathédrale de Furnes (rose) (1965), ville de Flandre belge que Seiler a su réduire à ses grandes lignes gothiques baignées d’une lumière rose nacrée.
Plus tardive encore, la découverte de l’Espagne à partir de 1978 marque un tournant saisissant dans la palette de l’artiste. La vente réunit un ensemble ibérique d’une cohérence remarquable et d’une rareté absolue sur le marché : Navarre (1978, huile sur toile, 50 x 100 cm), vaste composition aux ciels mouvants où la terre et l’atmosphère semblent se fondre ; La Croix à Tolède (1979, gouache, 58 x 29 cm) et Tolède (1985, huile sur toile, 59,5 x 72,5 cm), deux visions de la cité impériale séparées de six ans, qui illustrent l’évolution de son regard vers toujours plus de dépouillement ; enfin Ségovie (1982, gouache), ville aux tons dorés et gris perle posée dans une lumière de Castille. Ces toiles ibériques, exposées à la galerie Bellint entre 1980 et 1986, n’ont pour la plupart jamais été présentées en vente publique et constituent à ce titre l’une des révélations majeures de cet ensemble. La vente offre également une rare Venise (1974, huile sur toile, 49,5 x 60,5 cm), où l’artiste transpose son langage géométrique dans les reflets et les architectures de la Sérénissime.
Une opportunité rare pour les collectionneurs
Longtemps resté en retrait de la scène du marché, Hans Seiler fait aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt soutenu, porté par plusieurs expositions institutionnelles — dont la grande rétrospective présentée au Musée des Beaux-Arts de Vannes en 2021 — et par une relecture de la peinture du XXe siècle attentive aux trajectoires indépendantes. Cette vente offre aux collectionneurs une opportunité rare d’acquérir des œuvres maîtrisées, singulières et encore très accessibles, d’un artiste dont la reconnaissance ne cesse de croître.
Exposition et conférence
À l’occasion de cette vente, une exposition sera organisée du 30 mai au 2 juin 2026. Elle sera précédée d’une conférence le vendredi 29 mai à 18h, réunissant Lydia Harambourg, historienne de l’art et auteur de l’ouvrage de référence Hans Seiler et la lumière – 1907–1986, et Katy Drieu, fille de l’artiste. Cette rencontre permettra d’éclairer le parcours de Hans Seiler et de comprendre pleinement l’évolution de son œuvre.

Hans Seiler (1907-1986)
Cathédrale du Nord (Furnes), 1965
Gouache sur papier, non signée
23,5 x 31,5 cm
HANS SEILER – L’espace en lumière
Vente online du 19 mai au 3 juin, 10h
Exposition du samedi 30 mai au mardi 2 juin au soir
Conférence autour de l’oeuvre de Hans Seiler, vendredi 29 mai à 18h animée par Lydia Harambourg et Cathy Drieu.
Tajan
37 rue des Mathurins
75008 Paris
Contacts
Eva Palazuelos
Responsable Art Moderne
+33 1 53 30 30 48
[email protected]
Ariane de Miramon
Communication & Marketing
+33 1 53 30 30 68
[email protected]