Sélection
Joaillerie
Mercredi 15 avril, 15h
Le mercredi 15 avril à 15h, cette vente de joaillerie présente une sélection remarquable de bijoux, témoignant du raffinement et de la diversité des grandes traditions joaillières. Des signatures emblématiques telles que Van Cleef & Arpels, Cartier, Boucheron, Mellerio, Tiffany & Co ou encore Ilias Lalaounis y côtoient des ateliers d’exception, à l’image d’André Vassort, dont le savoir-faire discret a marqué les plus grandes maisons. À travers des pièces allant du XIXe siècle aux créations du XXe siècle, cette vente invite à un véritable voyage dans l’histoire du bijou, entre inspirations symboliques — des astres et des étoiles —, objets de curiosité comme le Billiken, et créations aristocratiques emblématiques, révélant toute la richesse et l’élégance de la joaillerie.
André Vassort : l’élégance de l’ombre
Longtemps restés dans l’ombre, les ateliers sont aujourd’hui reconnus comme le socle du savoir-faire des grandes maisons de joaillerie. André Vassort, actif de 1955 aux années 1990, incarne cette excellence artisanale à l’ancienne, alliant maîtrise des textures de l’or et sélection rigoureuse des pierres précieuses.
Son talent fut recherché par les maisons les plus prestigieuses : Van Cleef & Arpels — pour laquelle il contribua, entre autres, à la fabuleuse couronne de l’impératrice Farah Diba —, Boucheron, avec des créations mêlant cristal de roche et pierres précieuses, Mauboussin, et Cartier dès ses débuts.
Enfin, M. Gérard demeura fidèle à cet atelier pendant vingt ans, illustrant le prestige discret mais incontestable de l’artisanat français, véritable incarnation de la grande joaillerie.



Van Cleef & Arpels – Années 1960
Le Billiken – « Divinité anglo-saxonne du bonheur »
Objet porte-bonheur aujourd’hui très recherché, le Billiken naît en 1908 de l’imagination de Florence Pretz, professeur d’art, qui en rêve l’étrange silhouette de petit personnage débonnaire. Son nom ferait référence au surnom du président des États-Unis William Howard Taft, dit « Billy ».
Face au succès immédiat de cette statuette, Pierre Cartier en propose une interprétation luxueuse, sculptant la figure dans des matériaux précieux tels que l’agate et la faisant parfois graver du mot « happiness ». De cette adaptation naissent divers objets raffinés, parmi lesquels des vide-poches — tel que l’exemplaire que nous présentons — ainsi que des presse-papiers.
Très prisé par les élites du début du XXe siècle, le Billiken séduit notamment le prince Félix Youssoupov et la reine Alexandra, épouse du roi Édouard VII, qui en acquièrent chacun un vers 1913. Plus tard, H. G. Wells en reçoit également un exemplaire, offert par l’écrivain russe Maxime Gorki.
Cartier décline ce motif dans des créations variées et parfois spectaculaires, notamment de grands Billikens en cristal de roche, pouvant surmonter par exemple une pendule portique dite « mystérieuse ». Les matériaux employés témoignent d’un grand raffinement : jaspe, agate, jade néphrite, aventurine ou quartz, parfois rehaussés d’yeux en diamants ou en rubis, sur des formes en gradins ou montés sur des plaques de jade.

Cartier – Années 1925
Köchert, joaillier de l’Empire Austro-Hongrois
Le principal ouvrage consacré à la Maison Köchert reproduit soigneusement, à la page 124, un projet de diadème à cinq étoiles très proche du modèle que nous présentons. C’est l’impératrice Elisabeth d’Autriche, plus familièrement Sissi, qui lança la mode des étoiles portées en diadème ou dispersées dans la coiffure. Son célèbre portrait par Franz Xaver Winterhalter a immortalisé son élégance, et elle possédait notamment un ensemble d’étoiles serties de diamants, encore conservé aujourd’hui.
Rapidement adoptées par la Cour et l’aristocratie européenne, ces étoiles devinrent un élément incontournable de la parure féminine. La Maison Köchert s’illustra par la richesse et le raffinement de ses créations, destinées à une clientèle aristocratique et prestigieuse, soulignant l’importance et la beauté de ses pièces exceptionnelles.

Köchert (attribué à) – Années 1860
La lune et les étoiles – Le symbolisme céleste
La nature a toujours été une source d’inspiration pour la joaillerie, mais les astres et les étoiles y apportent une dimension symbolique, évoquant l’amour et la protection. Dès les années 1850, la lune en joaillerie fut surnommée le « bijou de la lune de miel ».
L’ornement de tête que nous présentons, composé de deux croissants de lune, évoque la déesse Diane et la statuaire antique, tandis que les étoiles viennent illuminer le ciel de leurs diamants. Les tailles anciennes brillent particulièrement à la lumière des bougies, révélant tout le raffinement du travail d’époque.
L’écrin d’origine porte la double inscription de la Maison Mollard-Girodias-Lecomte, probablement une maison prestigieuse, et ce bijou formait le centre d’une corbeille de mariage d’une famille aristocratique française de haut rang. Depuis des millénaires, les étoiles ont servi de balises aux grands voyageurs, et ici le hasard a réuni ces deux lunes et cinq étoiles, offrant un témoignage unique de l’histoire du bijou.
Au siècle suivant, Gabrielle Chanel reprendra ces motifs dans ses créations des années 1930, avec comètes, étoiles filantes et astres de diamants. Aujourd’hui encore, la symbolique perdure, tout comme la mode qui l’accompagne.

Années 1880 – Broche double croissant de lune à transformation
Joaillerie
Mercredi 15 avril, 15h
Tajan, 37 rue des Mathurins, 75008 Paris
Contacts
Victoire Winckler
Joaillerie
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Ariane de Miramon
Communication & Marketing
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